Eco-citoyenneté

Jeudi 27 novembre 2008 4 27 11 2008 17:35

 

Voici le titre du documentaire de Marie-Monique Robin que nous sommes allés voir récemment à Friture. La projection, organisée  l'initiative de l'appetit des possibles, était suivi d'un débat en présence de Jean-François Berthellot, paysan-boulanger et collectionneur de variétés anciennes de blé. Le film retrace l’histoire commune de la « céréale dorée » et de l’homme et mêle connaissances historiques, biologiques, archives et témoignages vivants. Le blé, cultivé sur les cinq continents et nourriture de base d’un homme sur trois, compte d’innombrables variétés. Cette richesse biologique est aujourd’hui largement menacée par les firmes agroalimentaires qui d’ores et déjà contrôlent les semences. Ce film est un plaidoyer contre la logique d’uniformisation des formes de vie et pour la sauvegarde de la biodiversité menacée. Jean-François Berthellot a choisi, comme quelques autres, de fabriquer son pain avec d’anciennes populations de blé. Membre du réseau « Semences Paysannes », il a en outre constitué sur sa ferme, au fil des ans, un conservatoire vivant de plus de 300 variétés affiliées au blé. C’est un passionné qui cherche toujours à relier l’art de la boulangerie et celui de l’agriculture à la médecine et à la santé.



Cette soirée nous a permis de comprendre les méthodes des gros semenciers qui sélectionnent les semences de blé depuis 50 ans. Les sélections génétiques qu'ils opèrent tendent, d'année en année, à répondre aux problématiques des agriculteurs traditionnels d'une part et des boulangeries d'autre part.


Il y a 50 ans, l'agriculture se mécanise, les rendements doivent être améliorés. Les critères de sélection des semenciers sont les suivants : les variétés de blé doivent avoir un grand nombre de grains de blé par tige, les tiges doivent être solides pour suporter ce poids, elles doivent également être solides pour ne pas se courber en cas d'intempéries, sinon, la mécanisation de la récolte n'est pas possible. C'est pour ces raisons que par deux fois, un gène de nanisme a été introduit, ainsi, les variétés actuelles font une cinquantaines de centimètres. De plus, la plante doit pouvoir supporter une grande densité au sol afin d'assurer un bon rendement à l'hectare, elle est donc associée à des produits chimiques. Elle n'est plus considérée seule, capable de vivre par ses propres forces (sans quoi, les mauvaises herbes s'ajoutent encore à la forte densité, et l'humidité peut générer du pourrissement).

Il y a 50 ans (je ne suis pas sûre du chiffre, mais c'est l'ordre de grandeur), la boulangerie se mécanise elle aussi. Ceci va également orienter les critères de sélection des semences de blé. Cette fois, c'est le "collant" qui importe. En effet, les robots n'ont pas de sensation dans les doigts, donc plus la pâte sera collante, plus ils seront faciles à régler. C'est le gluten qui apporte cet aspect collant à la pâte à pain, c'est pourquoi il est si difficile, voir impossible de faire du pain avec des céréales qui n'ont pas ou peu de gluten. Les semenciers vont alors privlégier les semences ayant des glutens plus "dur", plus efficace si je puis dire.

A cela s'ajoute la séparation des métiers, rares sont les paysans-boulangers. Ainsi, les préoccupations des agriculteurs et des boulangers ne se rencontrent plus. De plus, l'uniformisation des goûts appauvrit et baisse l'exigence des mangeurs. Et ainsi, 50 ans durant, on s'est enfoncé dans cette voie.

 

Quand on sait que les variétés de blé les plus riches en protéines sont celles qui sont les plus hautes (elles vont jusqu'à deux mètres), que les blés les plus durs sont les moins digestes, alors on comprend que l'augmentation des allergies et intolérences au gluten n'est pas un effet de mode mais une réalité à laquelle s'ajoute la prise de conscience des mangeurs, et on comprend que la santé des mangeurs a été écartée dans les critères de sélection des semenciers, ce qui est quand même révoltant. J'ajouterais même que la "santé" de l'environnement a été oublié, puisque la biodiversité n'est pas respectée.

 

En ce qui concerne le blé cultivé en bio : Les semences retenuent et commercialisées sont adaptées et optimisées pour l'agriculture traditionnelle. Donc, lorsque cette semence, qui est imposée, est cultivée de manière biologique, les agricuteurs rencontrent des difficultés, ils cultivent une plante qui n'est pas autonome, et qui ne s'est pas adaptée au terroir local.

Par ailleurs, je voudrais juste esquisser une autre réflexion attenante : le point de départ de ce cheminement est l'excellence des rendements demandés à l'agriculture traditionnelle. Cependant, les 2/3 du blé est utilisé pour nourrire les animaux que nous mangeons. Etant donné la surconsommation de viande de notre pays et les conditions déplorables de leur élevage, on peut se demander si l'excellence de ce rendement est vraiment nécessaire...

Je n'ai pas développé tous les aspects du film, je ne peux que vous encourager à le voir. Je n'ai aucune connaissance ni en agriculture ni en boulangerie ni en médecine, alors, il y a peut-être quelques simplifications qui mériteraient d'être développer.


En ce qui me concerne, j'ai grandement réduit ma consommation de gluten, autant pour l'amélioration que je peux constater dans mon corps que pour des convictions environnementales. J'aimerai compléter ce choix alimentaire par un soutien à la culture de variétés anciennes de blé en bio, sans doute cet article en fait parti.


Demondons à nos paysans et boulangers de cultiver et panifier des variétés anciennes de blé, celles de nos régions, on en trouve dans les concervatoires de semences, de manière biologique bien sûr. Il faut les aider à changer, leur dire que c'est ce pain là que nous voulons manger.


Par Cécile
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Jeudi 20 décembre 2007 4 20 12 2007 09:50
Ce week-end, on a donné l'AX. Le garc nous a dit, avec l'accent de la té-ci : "Mais c'est le père Noël ou quoi !".

Et bien oui, Noël approche et nous voulions avoir donné l'ax avant de partir en vacances. Voilà maintenant quelques mois que je vais au boulot en métro-bus. Je n'ai pas réduit mon temps de trajet puisqu'au lieu de mettre entre 25 et 40 minutes, je mets 45 minutes, mais ce temps a une toute autre allure : il est fait de marche, lecture et rêverie, et je m'arrête beaucoup plus facilement en ville, en faisant une escale de métro, ou dans mon quatier pour faire une course en rentrant. De plus, c'est autant de temps d'entretien de voiture gagné, ce que je n'aimais pas du tout faire, et autant d'argent de gagné, puisque le métro me coûte 350 euros par an.

En fait, on n'avait jamais pensé à n'avoir qu'une voiture. Habitude, mimétisme, et voilà nos vies encombrées de contraintes et de charges financières. Nous avons pris quelques mois pour organiser nos vies avant de  passer à l'acte. Ce qui a changer dans notre comportement en profondeur, c'est que si je devais changer de boulot demain, je regarderais la "nécessité d'avoir une voiture pour aller bosser", et si la réponse est oui, j'en déduirais le surcoût de mon salaire. C'est un nouvel argument qui pèserait dans le choix du job, et il se pourrait bien que la balance penche différement. Nous gardons également un oeil sur les projets d'auto-partage (et aussi sur Toulouse), mais pour l'instant, je pense que ce n'est pas adapté pour nous. 

L'AX, c'était quand même la première voiture de Jaco, sa voiture d'étudiant, que dis-je, de lycéen puisqu'il l'avait eu à dix-huit ans. Vu qu'elle marchait encore, ça nous faisait vraiment mal au coeur de la mettre à la casse pour trois francs six sous. Et puis, y en a marre de jeter les choses dans cette société. Alors on est heureux qu'elle ait fait un heureux malgré son grand âge !
Par Cécile
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